Comparaison n’est pas raison

kidipapa comparaison enfants

 

« Regarde ton petit frère, il a mangé tout ses épinards, lui ! »

« Ta grande soeur savait s’habiller toute seule à ton âge ! »

« Jules est meilleur en math que Léna »

« Moi à ton âge j’étais beaucoup plus mature »

« Anaïs fait beaucoup moins de fautes en orthographe que toi »…

Bref vous l’aurez compris voici quelques exemples de comparaisons que nous faisons tous au quotidien (si ce n’est pas le cas, alors bravo à vous!).

Souvent nous agissons ainsi pour essayer de motiver notre interlocuteur à se dépasser. Mais en fait la comparaison induit automatiquement une idée d’infériorité ou de supériorité, être meilleur ou pire que quelqu’un. Et si l’on y prend pas garde, à force de répétition, la comparaison qui dévalorise tout comme celle qui survalorise (eh oui, qui l’eût cru!) provoque chez la personne une mauvaise estime de soi et un manque de confiance en elle.

En plus de ne rien nous apporter, la comparaison dessert notre but premier qui est de motiver positivement l’enfant afin qu’il se dépasse et s’améliore. En effet nous induisons plutôt en lui un esprit de compétition. On lui apprend à chercher à être mieux que les autres. C’est, à mon sens, une attitude négative qui étiquette l’autre comme un rival plutôt que comme un potentiel partenaire. Il est alors dommage de se priver d’une potentielle synergie.

La seule véritable compétition utile pour l’enfant serait celle qui l’opposerait à lui-même. Qui le pousserait à se surpasser : « Ma moyenne en math est de 13/20 ce trimestre, c’est mieux que le trimestre précédent où j’avais une moyenne de 10/20 ». 👍

Car le plus important est-il d’être plus fort que l’autre ou bien d’atteindre l’objectif que l’on s’est fixé ? 🎯

 

 

Pourquoi ce réflexe de comparaison ?

 

Se comparer est humain. C’est un processus utile qui nous donne des points de repère essentiels à notre bon fonctionnement. Mais si la comparaison est utile pour choisir tel ou tel article en magasin, il n’en va pas de même lorsqu’elle est utilisée entre des êtres humains. Leur estime de soi risque fort d’être profondément entaillée, et parfois ces marques restent douloureuses longtemps.

Les occasions de se comparer sont nombreuses de nos jours. On peut le faire par exemple afin de se rassurer. Il est en effet plus simple de trouver des excuses à sa médiocrité, ses attitudes négatives et son manque de discipline si on trouve des exemples de personnes qui semblent s’en sortir moins bien que nous. On peut alors penser qu’il n’est pas nécessaire de se remettre en question et de faire des efforts.

A l’ère du tout numérique, des photos retouchées et des réseaux sociaux (où il est devenu normal de toujours se montrer sous son meilleur jour afin d’obtenir les gratifications de ses contacts), même les adultes ont du mal à gérer avec discernement ces occasions de se comparer. Alors imaginez l’impact que peuvent avoir par exemple les réseaux sociaux sur nos adolescents qui sont en pleine maturation et construction de l’estime de soi.

 

 

Quels sont les effets de la comparaison sur votre enfant?

 

La comparaison entrave les enfants dans leur construction identitaire : cela les incite à se construire par rapport aux autres (que ce soit en opposition ou pour leur ressembler) au lieu de se concentrer sur leur identité propre. Car oui votre enfant est unique et votre rôle est de l’encourager dans cette unicité.

Si un enfant a été blessé intérieurement à force de comparaisons répétitives, une fois à l’âge adulte il subsiste une incapacité à sentir sa valeur intrinsèque.

 

  • Un enfant qui n’a pas confiance en ses capacités, qui se méprise, se dévalorise et se décourage à cause de son interprétation des phrases comparatives qu’il a entendu à son sujet, deviendra un adulte qui se dévalorise, qui se laisse dénigrer, qui ne va pas au bout de ses rêves car il pense qu’il n’en a pas les moyens.

 

  • Un autre enfant qui se croit réellement meilleur que ses comparses, qui entend qu’il est plus responsable, moins stupide, ou plus talentueux que les autres, deviendra un adulte intransigeant face à ses propres erreurs, ses défaillances et ses imperfections. Il devra entretenir sa fausse estime de lui-même en cachant aux yeux de tous ses limites. Parfois il jugera et/ou dévalorisera les autres afin de conserver sa place de « meilleur que les autres ». Il se sentira obligé de porter le monde sur ses épaules (tel le Titan Atlas dans la mythologie grecque) afin de pallier sa fragile estime de soi.

 

 

Comment ne plus comparer ?

 

Nous sommes tous uniques et irremplaçables. Le monde serait bien triste s’il n’y avait que des clones, propres et aseptisés. Chacun d’entre nous est ce qu’il est et porte une valeur intrinsèque indépendamment des autres. Chacun a ses talents, ses forces, ses qualités, ses facilités, ses passions qui ne devraient pas être reconnus parce qu’ils se démarquent des autres, mais tout simplement parce qu’ils sont, parce qu’ils existent un point c’est tout. C’est dans cette optique qu’il nous faut résister à la tentation de comparer.

Pour ce faire :

 

  • Au lieu de comparer défavorablement un enfant à un autre (« Pourquoi ne ranges-tu pas tes jouets comme ton frère ? »), indiquez simplement à l’enfant quel est le comportement qui ne vous convient pas :En décrivant ce que vous voyez : « Je vois des jouets éparpillés dans la chambre »

    ou bien en décrivant ce que vous ressentez : « Cela me contrarie »

    ou encore en décrivant ce qui doit être fait : « La place de ces jouets est dans le coffre »

 

  • Au lieu de comparer favorablement un enfant à un autre (« Tu es tellement plus ordonné que ton frère »), parlez simplement du comportement qui vous convient :En décrivant ce que vous voyez : « Je vois que tu as rangé tes jouets »

    ou bien en décrivant ce que vous ressentez : « J’apprécie ça. J’aime voir ta chambre bien rangée »

 

  • Au lieu de donner l’exemple d’un autre enfant (« Regarde ton petit frère, il a mangé tout ses épinards, lui ! »), utilisez le pouvoir de l’imitation chez l’enfant :En demandant au petit frère : « Tu aimes bien les épinards ? », et notre enfant pourra s’imprégner de la réponse de son petit frère, sans que celui-ci ne soit mis en avant.

 

  • Mettez en valeur les différences et spécificités de votre enfant. Par exemple s’il est moyen en math, soulignez le fait qu’il soit doué en sport et en français afin de lui permettre de prendre du recul et de relativiser.

 

Pour finir (the last but not the least*), montrez à vos enfants que vous les aimez d’un amour inconditionnel. Leurs bêtises, leurs résultats scolaires ou leurs faiblesses ne doivent pas interagir sur votre capacité à leur donner de l’affection. L’amour n’est pas une récompense mais un carburant! ⛽️

J’espère, si ce n’était pas déjà le cas avant, que cet article vous aura convaincu de ne pas comparer vos enfants aux autres. Que notre seule mesure de comparaison devait être faite avec nous-mêmes afin que nous arrivions à percevoir notre valeur à partir de notre unicité et à nous créer une vie qui ne ressemble à personne d’autre !

C’est le meilleur cadeau que vous pouvez offrir à vos enfants afin qu’ils aient confiance en eux et qu’ils trouvent toujours en eux la force de rebondir. 🎁

 

 

*le dernier mais pas des moindres

Kidipapa

 

« Comparaison n’est pas raison » – proverbe ancien du XIIIème siècle

kidipapa comparaison n'est pas raison


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