Donner pareil, c’est donner moins

 

kidipapa donner pareil c'est donner moins
1 litre d’essence aura t’il la même efficience avec la voiture de gauche qu’avec celle de droite?

 

Devenir maman ou papa pour la première fois est une aventure! Un monde nouveau ouvre ses bras. On doit changer nos habitudes, s’adapter et composer avec ce nouveau membre de la famille. Un grand défi s’offre à nous: Eduquer un enfant! 👶🏻

Et quand, enfin, tous les rouages sont huilés, que nos nouvelles habitudes sont intégrées… Voilà que souvent un deuxième enfant pointe le bout de son nez! Et là il nous faut alors relever un nouveau défi: Gérer une fratrie! 👶🏼👶🏽👶🏻

Nous devons alors développer de nouvelles compétences afin d’élever éduquer nos enfants au sein de la fratrie. Pas de favoritisme. Nous souhaitons mettre tous nos enfants sur un même pied d’égalité. Nous essayons d’offrir à chacun les mêmes chances, clés et aptitudes pour appréhender la vie de façon positive.

Je pense que pour les grandes lignes théoriques nous sommes tous au diapason. Mais dans la vie de tous les jours. Dans la pratique, dans tous ces détails qui font le quotidien, est-il possible de donner et partager de façon égale? Peut-on « donner pareil » à chacun de nos enfants? C’est ce que nous allons voir dans la suite de cet article.

-Lorsque vous habillez vos enfants le matin avant d’aller à l’école, votre fille vous lance:

« Moi aussi je veux mettre un tee-shirt manches courtes comme Jules! »

Et vous de répondre: « Oui Marie, mais ton frère va mettre un petit gilet en plus de son tee-shirt et toi tu as déjà un sweat-shirt avec des manches longues »

« Oui mais moi je veux faire comme Juuules! » et s’ensuit une séance de pleurnicherie.

-Lors d’un dîner, votre fille ne termine pas son assiette car elle est déjà rassasiée. Son petit frère pousse alors sa propre assiette en disant: « Veux plus »

« Mais Jules, tu viens juste de commencer et tu mangeais bien avant que ta soeur ne dise qu’elle n’en voulait plus. Mange encore un peu… »

« Mais non, veux plus comme Marie » rétorque alors Jules en se tortillant sur sa chaise.

Ces exemples vous parlent? Comment expliquer que l’un de nos enfant veuille absolument (contre toute logique parfois) faire exactement comme son frère ou sa soeur, faire exactement comme l’autre!

L’autre, ce rival. Celui dont il/elle est un peu jaloux parfois, un peu, beaucoup, souvent…

Les enfants s’imaginent l’amour des parents comme un gros gâteau qu’il faut se partager, et plus le nombre de parts augmente, plus ils se sentent lésés.

kidipapa gateau part

Que faire pour éviter cette jalousie?

Croyant bien faire, certains parents vont donner pareil à l’un comme à l’autre. Mais compter le même nombre de raisins, acheter tout en double, est une fausse bonne idée! Les enfants élevés dans l’illusion du “tout pareil”, ne cesseront jamais de se comparer et de se jalouser. Et ça risque de s’envenimer à l’adolescence!

 

Cas des fratries avec une différence d’âge rapprochée:

Plus les enfants ont un faible écart d’âge, plus il y a menace sur leur identité et donc rivalité ! Pour dire simple: plus ils sont rapprochés, plus ils sont jaloux. A fortiori s’ils sont du même sexe. Votre rôle est d’aider chacun à trouver sa place en soulignant leurs points forts.

Le faible écart d’âge, ainsi que le fait d’avoir les mêmes centres d’intérêt, pourront être les moteurs d’une entente et d’une complicité avérée.

 

Cas des fratries unisexes:

Ils ont beau être du même sexe, vos enfants ne sont pas pour autant des clones! Eviter de mettre tout le monde dans le même panier avec des phrases du genre: « Venez les garçons! », « On y va les filles! ». Ne les habillez pas à l’identique, ne les coiffez pas pareil (d’autant plus s’il s’agit de jumeaux). Au contraire, soulignez leurs goûts personnels.

Dans les fratries unisexes la jalousie « œdipienne » est exacerbée. Les soeurs auront tendance à se disputer l’attention de papa, tandis que les frères lutteront afin de s’attirer les faveurs de maman. D’où des rivalités qui pourront perdurer à l’âge adulte! Ce n’est pas parce qu’ils sont du même sexe qu’ils seront forcément complices.

Enfin, ce qui différencie les fratries unisexes, c’est une moindre connaissance de l’autre sexe. Par exemple, un garçon qui grandit dans l’intimité d’une sœur développera une connaissance plus fine de la gent féminine.(Mais rassurez-vous messieurs, il n’est jamais trop tard pour apprendre!)

 

Le constat:

Tous les individus sont parfaitement différents les uns des autres. Que ce soit d’un point de vue biologique (même pour les jumeaux monozygotes — provenant d’un oeuf fécondé unique– leurs empreintes digitales sont différentes), psychologique ou socio-culturel.

Aucun enfant n’est semblable à son frère ou sa sœur. C’est bien pour ça qu’aucun manuel du « parent parfait » n’existe, car il y aurait autant de manuel que d’enfant.

 

Une différenciation structurante:

Le fait qu’un parent octroie une place particulière à chaque enfant, en l’aimant pour sa singularité, en tenant compte de son âge, de son sexe et de sa personnalité, est pour lui un facteur fondamental d’individuation, et donc de structuration.

C’est parce qu’un enfant est perçu (et se sent aimé) par ses parents dans son unicité qu’il peut se reconnaître comme « un » et unique, accepter sa singularité et prendre conscience de sa valeur.

Les parents qui, par la crainte que leurs enfants n’éprouvent un sentiment d’abandon ou de jalousie, les mettent tous, au nom de « l’égalité », sur le même plan, ne font pas le bonheur de leur progéniture. Par exemple, le jour de l’anniversaire de l’un, ils offrent aussi un cadeau à l’autre. Pour rappel, l’anniversaire fête le jour de naissance d’un enfant, pas de toute la fratrie ! Ou bien certains parents ne s’autorisent jamais un moment d’intimité avec l’un d’eux. Leurs attitudes sont alors autant d’obstacles pour que leur enfant accède à la voie de l’individuation. Ne dit-on pas que l’enfer est pavé de bonnes intentions?

kidipapa gateau fratrie

 

Pour y remédier voici quelques conseils à appliquer afin de ne plus percevoir ces « différences de traitement » comme la source hypothétique de problèmes mais plutôt comme un apport essentiel à leur développement personnel:

 

  • Si vos enfants vous font part de leur inquiétude de devoir « partager » votre amour entre eux, expliquez-leur que votre cœur de parent se « multiplie » avec le nombre d’enfants, et que des parents peuvent aimer deux, trois ou quatre enfants en même temps ! ❤️❤️❤️

 

  • Au lieu de donner des quantités égales: « Voilà. Maintenant tu as exactement le même nombre de raisins que ton frère ». Donnez selon les besoins de chacun: « Veux-tu seulement quelques raisins ou en veux-tu beaucoup? ». ⚖️

 

  • Au lieu d’essayer de démontrer un amour égal: « Je t’aime exactement comme ta soeur ». Montrez à chaque enfant que vous l’aimez de façon spéciale: « Il n’y a qu’un seul Gabriel comme toi dans le monde entier. Personne ne pourra jamais prendre ta place ». 🥇

 

  • Si vos enfants pratiquent des activités extrascolaires, essayez autant que possible de différencier ces activités ou de ne pas les inscrire dans le même groupe. Chaque enfant ayant besoin de se construire individuellement, le fait de pratiquer le même sport, de suivre le même cours de dessin ou de musique, risque de renforcer la compétition qui existe déjà entre eux, n’en rajoutons pas! 🎻🎨🏀

 

  • Au lieu de donner votre temps de façon égale: « Quand j’aurais passé 10 minutes avec ton frère, je passerai 10 min avec toi ». Consacrez un temps qui correspond au besoin: « Je sais que je passe beaucoup de temps à revoir le devoir de math de ton frère. C’est important pour lui. Dès que j’aurais terminé je veux que tu me dises ce qui est important pour toi ». ⌚️

 

  • Au lieu de reporter des activités avec le petit dernier parce que celui-ci n’a pas encore l’âge: « Tu es trop petit pour faire les magasins avec nous, on verra quand tu seras plus grand ». Expliquez-lui que les activités sont fonction de l’âge et des goûts de chacun: « Je fais les magasins avec ta sœur parce qu’elle a 16 ans et qu’elle aime les vêtements. Avec toi, je joue aux Lego parce que c’est cela qui t’intéresse. Tu n’es pas elle. Elle n’est pas toi. » 👫

 

En conclusion, les enfants n’ont donc pas besoin d’être traités également. Chacun a besoin d’être traité de façon distincte.

 

« L’amour dont un enfant a besoin ne devrait pas être défini par sa quantité, mais par sa qualité. »

 

Kidipapa

 

kidipapa donner pareil c'est donner moins balance
Ce n’est pas la quantité qui compte mais la qualité!

 


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